06 janvier 2006
Gentilshommes d’infortunes
Nous prenions le monde à l’abordage
Les cales de nos vaisseaux regorgeaient d’utopies mutinées
La haine du médiocre gonflait nos voiles d’impatiences
Et le sabre de nos verbes s’inventait des îles aux langues libertaires
Nous nous voulions naufrageurs en terres de certitudes
Mais
D’écueils en écueils
Passés à la grande cale de la vie
Le cœur boucané de naufrages
L’âme en carène
Nous voilà
Gentilshommes d’infortunes
Texte Yann Le Rousic
Nous n’étions pas seuls dans cette galère
Nos compagnes aussi en ont souffert
Voici une suite écrite par Aline qui sait ce que c’est d’être « Flibustière d’amertume »
Nous nous savions, fécondes, dans le bel âge
Les malles de nos héros débordaient d'alibis mutilés
De vaines pensées sobres rongeaient l'étoile de notre patience
Et le glabre de nos chairs s'échauffait d'idylles exsangues et adultères
Nous nous découvrions, à nos heures, canonnières des servitudes
Mais
De deuils en deuils
Lassées de ces cabales inassouvies
Le coeur prisonnier en esclavage
L'âme en gangrène
Nous voilà
Échouées sur la lagune
Texte Aline














