16 juin 2008
Dans Tad
Rêve de nuit
dormant
d’un autre éveil
dans le ventre des songes
scandé
de la clarté sourde
de la transe du Plinn des vivants d’avant
mon Père
mon Père est là
devant
droit
il mène la danse
à contre mémoire
et moi
et lui
coude à coude
poings sérrés
à détourner nos sangs
à battre nos cœurs
et trembler notre sol
ensemble
ensemble dans la même lignée
d’interminables ancêtres
au nom de nos pas
et le père
et le fils
flottant à quelques vibrations
juste
au-dessus
des terres battues
de notre
Anaon
mon père
mon père danse
et chante
la chose qui est enfin dite
kan, kan, kan
va Zad
maintenant que je sais
le re-chant
celui qui donne
aux songes
le pouvoir de la danse
ma danse
mon héritage
ma fête
ma nuit
Yann Le Rousic
Commentaires
Il est beau ce texte..on y est, dans l'atmosphère du Plinn et dans l'amour de la filiation..
Plinn dreistordinal
plinn cosmique
procession serpentine des générations
aurore boréale vibrant sur la montagne
ogham des falaises
kan ha diskan houle et marée
vrillement de vies
sérénité cyclone
perce pective
bois flotté entre deux eaux
voit
l'ancien et le nouveau
c'est beau, ça danse, c'est dense
merci poète
Moi, si les dates avaient correspondu, je finirais par me demander si vous ne seriez pas le réincarnation de Xavier! Mais non, juste un frère...
vous me touchez Madame...
en un sens Xavier a la paternité de ma naissance en poésie
tiri tin tran tran tran
Le "kan, kan, kan, va tad", que je ne connais pas chante comme le "tiri tin tran tran tran" de l'Espagne douloureuse.
kan, kan, kan, va tad
c'est
"chantes, chantes, chantes mon père"
heureux de te revoir Michel
Connaît pas le plinn ; tu le sais, je suis ignare ! Mais je connais le spleen, et ce texte là en est exempt. Il est fort et dense et dansant ce poème, il bat au rythme d'un coeur aimant. Il faudra le dire samedi, n'est-ce-pas ?
:)
ya vat !
il sera dit !
le Plinn est une danse de base Bretagne,
la plus "transe"
la plus "primale" des danses du bout du monde...
a mon sens, cette danse a quelque chose de chamanique ...
et l'autre jour j'ai vraiment rêvé a mon père..
il menait un Plinn ...
ce que je ne l'ai jamais vu faire de son vivant.
J'ai lu une trilogie publiée chez Coop Breizh, écrite par Daniel Cario. Le dernier volume : la complainte de la grive parle bien de ce chant, sous un mode de roman. Les deux premiers tomes parlent de l'évolution de la musique en Bretagne.... ça m'a passionné et j'y ai découvert beaucoup de choses.
PS. pour ce qui est du chant de mer, c'est sur bordel de mer que l'on peut écouter des émissions sur le sujet.. effectivement c'est un nom sympa.
Je suis tres sensible à cette évocation du père.
PLINNITUDE
Des Celtes plein les yeux
La mer déverse son charme
Sur des villes englouties
Aux amers flamboyants
Des Celtes plein les mains
La forêt sourit de tous ses arbres
Aux contreforts violets
Des boulets rouges
Des celtes plein le ciel
Pour peupler les dimensions
De l'ordinaire décontracté
Comme le sourire d'un homme
Beau
Un très bel hymne à ton père, un hymne de reconnaissance aussi.
J'aimerai que mon fils, écrive un jour de telles paroles en pensant à moi, car de ma tombe j'en ressentirai l'amour.
dominique
Oui, c'est très beau.
Que puis-je ajouter d'autres?
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